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Automatisation & SaaS

RPA : pourquoi 40 % des robots logiciels vont mourir en 2026 (et comment sauver les autres)

Gartner est formel : 40 % des agents RPA actuels seront obsolètes d'ici 2026, remplacés par des agents IA capables de raisonner. Pour les dirigeants, l'enjeu n'est pas de débattre du chiffre, mais de décider maintenant quels robots méritent d'être transformés — et lesquels doivent être débranchés.

6 min de lecture Équipe experte Ï-NAYA

RPA : pourquoi 40 % des robots logiciels vont mourir en 2026 (et comment sauver les autres)

Le chiffre qui dérange : 40 % de morts annoncées

Gartner a lâché une bombe dans le petit monde du RPA : 40 % des agents RPA existants seront obsolètes d'ici 2026. Pas « en perte de vitesse ». Obsolètes. Remplacés par des agents IA autonomes capables de raisonnement et d'orchestration.

Pour un dirigeant qui a investi plusieurs centaines de milliers d'euros dans des robots logiciels ces cinq dernières années, la question n'est pas académique. Elle est budgétaire.

Le RPA classique — ce robot qui clique à votre place sur un écran, selon un script figé — a rendu des services réels. Mais il a une limite structurelle : dès que l'interface change, dès qu'un cas sort du cadre prévu, le robot s'arrête. L'agent IA, lui, s'adapte.

Ce que disent vraiment les chiffres (et ce qu'ils ne disent pas)

Le marché mondial du RPA pesait environ 3,5 milliards de dollars en 2023 selon Grand View Research. Un marché réel, mature, installé. Mais Gartner projette que d'ici 2028, 33 % des applications d'entreprise incluront des agents IA autonomes — contre moins de 1 % en 2024.

Le contraste est brutal. Et il s'accompagne d'une autre prédiction : 15 % des décisions de travail quotidiennes seront prises de manière autonome par des agents IA d'ici 2028.

Autrement dit : le robot qui exécute cède la place à l'agent qui décide. Ce n'est pas une évolution, c'est un changement de nature.

À retenir

  • 40 % des agents RPA seront obsolètes d'ici 2026 (Gartner)
  • 33 % des applications d'entreprise intégreront des agents IA en 2028, contre <1 % en 2024 (Gartner)
  • 53 % des organisations ont déjà déployé du RPA, mais la satisfaction dépend de la scalabilité (Deloitte)
  • Le marché du RPA pesait ~3,5 Md$ en 2023 (Grand View Research)
  • Les dépenses mondiales en IA atteindront 632 Md$ en 2028, CAGR de 29 % (IDC)

Pourquoi le robot « qui clique » ne suffit plus

Un robot RPA suit un script. Il ne comprend pas ce qu'il fait. Il exécute une séquence : ouvrir un fichier, copier une donnée, la coller dans un ERP, valider. Si une fenêtre pop-up apparaît, il plante. Si le format change, il plante. Si le cas est légèrement différent, il plante.

Un agent IA, lui, perçoit le contexte. Il peut lire un email, comprendre une demande, décider quelle action mener, l'exécuter, puis vérifier le résultat. C'est cette capacité de raisonnement qui rend le RPA classique vulnérable.

Forrester identifie d'ailleurs les agents IA comme l'une des dix tendances technologiques majeures de 2025, avec un passage assumé du RPA déterministe vers des agents autonomes.

Les éditeurs RPA l'ont compris — et pivotent

UiPath, leader historique du secteur, a repositionné son offre vers ce qu'il appelle l'« agentic automation », avec sa plateforme Autopilot et son Agent Builder. Son CEO, Daniel Dines, l'a dit sans détour lors d'UiPath Forward 2024 : « L'agentic automation est la prochaine étape naturelle après le RPA. »

Microsoft a intégré des agents autonomes dans Copilot Studio et Dynamics 365, permettant de créer des agents sans écrire une ligne de code. Satya Nadella, à Ignite 2024, a résumé la bascule : « Les agents IA deviennent la nouvelle interface des applications d'entreprise. »

SAP a lancé Joule, son copilote IA génératif intégré à l'ERP, et développe des agents autonomes pour la finance, la supply chain et les RH. Christian Klein, CEO de SAP, parle d'une transformation « de bout en bout » des processus métier.

Google Cloud a présenté Agentspace et des capacités agentiques dans Vertex AI. Thomas Kurian, CEO de Google Cloud, évoque des agents orchestrés par Gemini qui « redéfinissent l'automatisation d'entreprise ».

Le message est clair : les grands éditeurs ne défendent plus le RPA tel qu'il était. Ils le fondent dans des plateformes agentiques.

Trois scénarios pour vos robots existants

Tous les robots RPA ne mourront pas. Mais ils ne survivront pas tous non plus. Voici comment trier :

Deloitte le confirme dans son rapport « State of RPA 2024 » : 53 % des organisations ont déjà déployé le RPA, mais la satisfaction dépend fortement de la scalabilité. Or, le RPA classique scale mal. L'agent IA scale mieux — à condition de maîtriser les coûts.

Le piège que personne ne veut voir : le coût caché

Un agent IA consomme plus de compute qu'un robot RPA. Il utilise des tokens, il appelle des modèles, il nécessite une supervision humaine pour les cas limites. Le modèle économique change.

IDC prévoit que les dépenses mondiales en IA atteindront 632 milliards de dollars en 2028, avec un CAGR de 29 % sur 2024-2028. McKinsey Global Institute estime que les agents IA pourraient générer entre 2 600 et 4 400 milliards de dollars de valeur économique annuelle. Mais cette valeur ne tombe pas du ciel : elle se construit avec une gouvernance rigoureuse.

Gouvernance : le vrai sujet de 2025-2026

Le NIST a publié un cadre de gestion des risques IA qui impose de nouveaux standards d'auditabilité pour les agents autonomes. L'Union européenne a adopté l'AI Act en 2024, classant certains systèmes d'agents autonomes comme à haut risque, avec des obligations de transparence.

L'OCDE souligne dans son rapport annuel que l'adoption des agents autonomes progresse plus vite que les cadres de gouvernance. C'est un avertissement à peine voilé.

Pour un dirigeant, cela signifie une chose : transformer ses robots RPA en agents IA sans cadre de gouvernance, c'est créer de la dette technique et réglementaire.

« Le RPA traditionnel ne disparaît pas, il se fond dans des plateformes agentiques. »

— Analyste Forrester, Predictions 2025

Ce que ça change pour vous, dirigeant

La question n'est pas « faut-il abandonner le RPA ? ». La question est « quels robots dois-je transformer, et à quel rythme ? ».

Le Journal du Net documente la mutation du RPA vers l'automatisation intelligente dans les DSI françaises. Le Monde Informatique couvre le repositionnement des éditeurs face aux agents IA. L'Usine Digitale montre l'adoption croissante dans l'industrie et les services en France.

La transition est en cours. Elle ne sera pas uniforme. Les startups d'agents IA — Adept, Cognition, Sierra — lèvent des fonds massifs pour remplacer les workflows RPA traditionnels, comme le rapporte TechCrunch. Mais toutes les entreprises ne basculeront pas vers des agents natifs du jour au lendemain.

L'hybridation est la voie la plus réaliste. CIO.com le confirme : les projets RPA classiques sont menacés par la flexibilité des agents IA, mais l'hybridation reste la stratégie la plus pragmatique.

Les compétences qui meurent, celles qui naissent

Le métier de « RPA developer » — celui qui écrit des scripts et configure des robots — est en voie de marginalisation. Ce qui monte, c'est le rôle d'orchestrateur d'agents IA : quelqu'un qui comprend les processus métier, sait concevoir des workflows agentiques, et maîtrise les enjeux de gouvernance.

Ce n'est pas une simple évolution de titre. C'est un changement de compétence. Le RPA developer exécutait. L'orchestrateur d'agents décide, arbitre, supervise.

Le calendrier est plus court que vous ne le pensez

Gartner donne 2026 pour la première vague d'obsolescence. 2028 pour la bascule massive. Cela laisse deux à trois ans pour agir.

Deux à trois ans, c'est court pour une DSI qui doit auditer son parc de robots, décider lesquels transformer, former ses équipes, et mettre en place une gouvernance. Mais c'est suffisant si la décision est prise maintenant.

Les entreprises qui attendent 2026 pour réagir seront en retard. Celles qui commencent en 2025 auront une longueur d'avance.

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